La tortue



La tortue :

Soleil et UV

Les Reptiles adorent s’exposer au soleil, cette source de chaleur dont ils semblent tant se délecter leur est de surcroît indispensable. Pour accomplir toutes leurs activités vitales, les Reptiles, animaux hétérothermes (c’est-à-dire incapables de maintenir par eux-mêmes une température interne constante), ont besoin de bains de soleil quotidiens (thermorégulation).

Les rayons ultra-violets du soleil leur sont très bénéfiques. Ils renforcent leur résistance aux infections cutanées (mycoses surtout), favorisent la cicatrisation des petites blessures, permettent la fixation du calcium (Ca), élément essentiel dans la formation des os et de la carapace. En outre, une dose quotidienne de soleil facilite la digestion, stimule l’appétit, la reproduction et le développement des œufs chez les femelles gravides.

Si les bains de soleil quotidiens sont impossibles, il importe de les remplacer par des bains de soleil artificiels, au moyen d’équipements reproduisant le plus fidèlement possible le spectre solaire comme une lampe UV.

La durée d’exposition ne doit pas être trop importante, sous peine de causer des brûlures. Ainsi, vous éviterez des cas de rachitisme, très fréquents chez les sujets jeunes.

Estivation et hibernation

Chaque espèce s’est adaptée dans la nature à un climat et un milieu particulier. Son existence obéit à des cycles biologiques quotidiens et annuels. Sous les climats tempérés, les différentes phases vitales sont rythmées par des variations de température saisonnières ; sous les climats tropicaux, par l’alternance de saisons sèches et de saisons humides. La plupart des espèces connaissent des périodes actives et également des périodes de repos.

Cette alternance joue un rôle indispensable dans la stimulation de fonctions très importantes, la reproduction par exemple. Pour cette raison, il s’avère indispensable de connaître la provenance géographique des animaux et de recréer, lorsque le climat d’origine l’exige, l’alternance des saisons. Aujourd’hui, les thermostats et les temporisateurs modifient sans difficulté les temps de chauffage et la durée de l’éclairement diurne. Sous nos climats, dès que la lumière et la température commencent à diminuer à l’approche de l’hiver, veillez, même en appartement, à réduire progressivement la température et la durée de l’éclairage afin de tromper les animaux et de les inciter à ralentir de cette façon leur activité.

Pour les obliger à se plonger véritablement en léthargie, placez-les dans un endroit sombre et non chauffé (8 °C minimum, 15 °C maximum). Vous pouvez essayer d’obtenir l’estivation des espèces aquatiques tropicales en réduisant le niveau d’eau de leur aquarium, mais ce subterfuge atteint rarement son but.

La caisse d’hibernation des Tortues doit être adaptée au nombre de sujets. Le fond et le matériel de couverture peuvent être à base de terreau et de feuilles si ils sont parfaitement stérilisés

Si une période de léthargie, ou estivation, est indispensable à la reproduction, elle risque en revanche de freiner la croissance des jeunes et la convalescence des sujets affaiblis ou malades. En tout état de cause, mieux vaut ne pas faire estiver les sujets jeunes et les espèces subtropicales et tropicales.

L’alimentation des espèces carnivores et omnivores

Même si certaines espèces sont exclusivement carnivores ou végétariennes, leur régime alimentaire est rarement spécialisé ; leur spectre trophique est extrêmement varié, avec de nettes préférences individuelles.

Malheureusement, beaucoup de gens sont encore persuadés que les Tortues terrestres n’aiment que la laitue et les Tortues aquatiques les aliments déshydratés. Soumises à un tel régime, vos pauvres Tortues souffriront bien vite d’avitaminoses et de carences protéiques.

Il est vrai qu’en milieu sauvage, certaines espèces carnivores se sont spécialisées dans la chasse de proies bien définies (pensons à la Matamata et à la Tortue alligator), mais la plupart des espèces carnivores chassent tout ce qu’il y a de facilement disponible dans leur habitat.

Il n’est pas rare qu’elles se nourrissent de petits animaux morts. Souvent, les Tortues aquatiques « font le ménage » parmi la faune aquatique (poissons et amphibiens surtout), en s’attaquant aux sujets les plus faibles, malades ou moribonds.

En captivité, un minimum de connaissances sur les habitudes alimentaires d’origine de vos Tortues s’avérera utile : cela vous servira à stimuler leur appétit, et vous évitera par exemple d’offrir du poisson à une espèce insectivore. Au début, éveillez l’appétit des sujets jeunes en leur proposant différents types d’aliments : petits morceaux de poisson, crevettes, lombrics, larves de Coléoptères et de Lépidoptères.

Au début, vous pouvez leur offrir des proies vivantes, mais surtout, qu’elles n’en prennent pas l’habitude ! Pensez aux difficultés d’approvisionnement. Même les Matamata acceptent des petits poissons déjà morts. Ne leur offrez des proies vivantes que pour les pousser à faire plus d’exercice.

En captivité, les espèces carnivores se montrent très agressives durant les repas. Dans ce cas, alimentez-les individuellement, en prenant garde aux morsures et aux blessures qu’elles pourraient occasionner.

Avec une pince, prenez les petits morceaux et enfilez-les directement dans leur gueule ouverte. De toute façon, il est conseillé d’alimenter à part les sujets plus petits et plus faibles.

Chez les Tortues omnivores, il est difficile de savoir à quel moment l’animal désire des végétaux. Prenez l’habitude, une fois leur repas terminé, de déposer dans l’aquarium de vos Tortues aquatiques des feuilles de plantes palustres ou de légumes divers. Ainsi, elles pourront en consommer à leur gré.

L’alimentation d’espèces carnivores ou omnivores mais terrestres pose moins de problèmes : inutile de prendre soin de ne pas salir l’eau ou de ne pas semer la zizanie entre les cohabitants ! Vous pouvez mélanger les aliments les plus appétissants (morceaux de viande et de poisson, insectes, fruits, légumes) avec des compléments alimentaires et verser le tout dans des récipients auxquels tous les animaux auront accès.

Si vous désirez gagner du temps et ne pas avoir à acheter les aliments périssables au compte-gouttes et au jour le jour, faites de temps en temps des provisions sérieuses. Préparez des portions que vous mettrez au congélateur dans des récipients spéciaux. Par la suite, vous n’aurez qu’à prélever la quantité nécessaire et la faire décongeler avant de la servir.

Les petits morceaux de viande de bœuf, de cœur, de foie sont également bien acceptés. Pratiques : les croquettes à base de poisson ou de viande, les aliments pour chiens et chats vendus dans le commerce et bien sûr les aliments déshydratés pour Tortues, mais ils ne constituent jamais un repas complet.

L’alimentation étant quelque chose d’assez complexes à équilibrer, n’hésitez pas à demander à votre vétérinaire spécialiste en tortues de vous guider !.

L’alimentation des espèces végétariennes

Le spectre trophique des espèces végétariennes (moins nombreuses et terrestres pour la plupart) est également très varié, ou du moins opportuniste : il varie en fonction des saisons et des ressources alimentaires disponibles. Parmi les exceptions, citons les Tortues géantes des Galapagos, dont les tiges et les fruits des Opuntia sont l’unique ressource alimentaire.

Au printemps, les Graminacées servent de plat favori aux Tortues. Ces dernières jettent ensuite leur dévolu sur d’autres essences herbacées. A partir de l’été, elles raffolent de baies et de drupes. En automne, leur régime alimentaire s’agrémente souvent de quelques champignons.

Durant leur phase active, les espèces végétariennes aquatiques consomment surtout des plantes palustres.

Terrestres ou aquatiques, les espèces végétariennes mangent des insectes, des larves, des lombrics et des petits escargots, mais elles ne sont pas omnivores pour autant.

En captivité, ces animaux doivent bénéficier d’une alimentation la plus variée possible, à base de nombreux fruits et de légumes, complétée par des herbes sauvages (chicorée sauvage, taraxacum, trèfle, cresson). Outre différentes sortes de salades (laitue, romaine, batavia), donnez-leur des bettes, des épinards, des tomates bien mûres, des feuilles de chou et des fruits (pommes, poires, fraises, prunes, melon, figues, etc.). Les espèces aquatiques adorent les plantes palustres (par ex. le cresson).

En raison de l’utilisation abusive d’anticryptogamiques et de produits phytosanitaires sur les cultures, inutile de préciser que vous avez intérêt à laver soigneusement tous les légumes et les fruits avant qu’ils soient consommés.

De temps en temps, donnez à manger des insectes, des larves et des gros lombrics. Certains éleveurs ont habitué leurs Tortues à accepter des restes : pâtes, riz et pain à l’eau. On a souvent tendance à suralimenter les Tortues d’élevage. A tort bien sûr, car l’excès de graisses peut entraîner des troubles hépatiques.

Les déséquilibres alimentaires étant très fréquents chez les tortues, il est souvent préférable de consulter un vétérinaire spécialiste en tortues pour équilibrer la ration !.

Comment favoriser la reproduction

Tout éleveur digne de ce nom pense un jour à la reproduction de ses spécimens afin d’assurer la relève des générations (même les Tortues douées d’une longue espérance de vie meurent un jour ou l’autre) et d’offrir à d’autres la chance de posséder des Tortues.

De nos jours, la reproduction de la majeure partie des espèces a fait l’objet de nombreuses expériences scientifiques dont les résultats ne sont souvent communiqués qu’aux spécialistes. Sans nécessairement espérer devenir un super spécialiste, vous pouvez grâce aux quelques conseils qui vont suivre tenter de les imiter.

  1. Disposer de sujets habitués à la vie en captivité, l’idéal étant qu’ils soient nés en captivité.
  2. Les reproducteurs doivent être toujours en bonne santé : des animaux faibles et malades auront d’autres soucis que celui de se reproduire.
  3. Avoir recréé les conditions du milieu naturel d’origine (température, lumière, espace).
  4. Diminuer la température et provoquer un état léthargique apte à stimuler les cycles de reproduction (développement ovarien et spermatogénèse).
  5. Respecter le nombre convenable d’animaux de sexe opposé : chez certaines espèces, le rapport est de 1-1 ; chez d’autres, il est de un mâle pour deux ou trois femelles.

Compléments alimentaires

En captivité, les Tortues ne bénéficient pas toujours d’un apport en vitamines et minéraux suffisant. Il est donc nécessaire de leur fournir des compléments alimentaires.

Le calcium et la vitamine D sont indispensables à la formation de la carapace et des os des Chéloniens en pleine croissance : saupoudrez les aliments de votre Tortue terrestre de poudre d’os ou faites flotter à la surface de l’aquarium de vos Tortues aquatiques un os de seiche. L’huile de foie de morue fera également parfaitement l’affaire : il suffit d’en imbiber les aliments. Si vos Tortues sont carnivores, remplacez l’huile de foie de morue par des viscères de poissons frais.

Vous pouvez également avoir recours à des complexes polyvitaminés spécialement destinés aux Reptiles ; ils jouent un rôle essentiel dans la prévention des états de faiblesse auxquels ces animaux sont souvent sujets. Un vétérinaire NAC pourra vous aiguiller dans les compléments à acheter.

Les éventuels petits problèmes

Malgré toutes les attentions prodiguées, il peut arriver que votre Tortue semble rencontrer un problème. Un bon éleveur s’aperçoit tout de suite des changements de comportement qui peuvent faire présager la survenue d’une maladie. Si un animal, vif et actif en temps normal, se met subitement à devenir apathique, se blottit dans un coin de son aquarium, il y a lieu d’intervenir rapidement. Il en va de même si un animal doté normalement d’un solide appétit se met subitement plusieurs jours de suite à refuser en bloc tous les aliments, même les plus appétissants. Pareil pour une Tortue qui se met à s’agiter dans tous les sens alors qu’elle est d’un naturel paisible à l’accoutumée ou pour celle dont les yeux sont gonflés et clos.

Avant de faire appel au vétérinaire NAC, passez en revue les événements survenus au cours des jours précédents et demandez-vous si vous n 'avez pas involontairement commis d’erreurs qui expliquent ce brusque changement.

Avez-vous bien respecté les besoins thermiques ? Avez-vous pensé à changer régulièrement l’eau ? Avez-vous fourni une nourriture adaptée et les compléments alimentaires nécessaires ?

La quarantaine

Si vous n’avez pu, lors de l’achat, contrôler l’état de santé de l’animal, ou si votre Tortue doit venir s’ajouter à d’autres individus se trouvant déjà en votre possession, il convient de lui faire observer une période de quarantaine de 15 à 40 jours. Un examen visuel quotidien suffira bien souvent à vous rendre compte de son état de santé, mais ne vous aidera pas à détecter d’éventuelles parasitoses en cours qui se transmettront à coup sûr aux autres animaux.

Au cours de cette période, vous prendrez soin de ne pas transférer les équipements du bac de quarantaine dans le récipient définitif, et vous vous laverez soigneusement les mains avant de toucher les autres Tortues.

Au terme de cette période, votre Tortue devra s’adapter à son logement définitif et bien s’entendre avec ses autres compagnons. Cette fois encore, observez les différentes réactions, afin d’intervenir sur le champ (par exemple si l’animal se débat en raison d’un niveau d’eau trop élevé, ou si l’un de ses nouveaux compagnons l’agresse constamment, etc.).

Les maladies

Voici quelques-unes des maladies touchant le plus souvent les Tortues d’élevage, et leurs symptômes principaux. Les fiches suivantes vous indiquent les mesures de base destinées à améliorer la situation.

Les affections respiratoires

Elles affectent très fréquemment les Tortues en captivité. Il suffit de peu de chose : vos Tortues sont restées dehors une journée de pluie, ont souffert d’un écart de température lors du renouvellement d’eau, ou alors vous avez oublié de faire fonctionner le thermostat un moment... Les symptômes d’un refroidissement : perte d’appétit et de vivacité, écoulement nasal et lacrymal. Il convient de le soigner vite, il risque sinon de dégénérer en pneumonie. Cette affection se traduit par un essoufflement et des difficultés respiratoires (l’animal halète continuellement).

Refroidissement

Traitement : isolement dans le bac-infirmerie, à l’abri des variations thermiques. Maintien d’une température constante (30 °C). Veillez à l’alimentation et administrez des fortifiants polyvitaminés mais surtout parlez en à votre vétérinaire NAC.

Pneumonie

Traitement : la fin est inéluctable si l’infection n’est pas traitée à temps. L’animal est isolé dans le bac-infirmerie chauffé. Il est soigné avec des antibiotiques (administrés à hautes doses) complétés par un apport de vitamines. Dans les cas graves, il est parfois possible d’injecter des antibiotiques directement dans le foyer pulmonaire que le vétérinaire spécialiste en tortues repère à l’aide d’une radiographie (il pratique un trou dans la dossière et injecte directement l’antibiotique). Le trou se referme naturellement en quelques années. En attendant, vous pouvez le reboucher avec de la résine spéciale.

Inflammation catarrhale

Traitement ; chances de guérison très réduites et une visite chez le vétérinaire spécialiste en tortues s’imposera car c’est une maladie très contagieuse. Il faut donc isoler immédiatement l’animal dans le bac-infirmerie chauffé. Injections sous-cutanées de fortes doses d’antibiotiques, une fois par jour, pendant deux à trois jours. Ensuite, réduire les doses et continuer le traitement six à sept jours. Appliquez une pommade antibiotique sur les yeux (que vous aurez lavés à l’eau préalablement).

Médicaments : solutions antibiotiques (ampicilline, pénicilline G), pommade antibiotique, eau , complexes vitaminés.

Votre Tortue risque également une « inflammation catarrhale ». Elle se manifeste par un écoulement purulent des yeux et de mucosités filamenteuses s’échappant de la bouche et des narines. La respiration devient sifflante et s’effectue la bouche ouverte.

Nécrose et lésions de la carapace

Nous avons vu que chez les Chéloniens, les carences alimentaires pouvaient avoir des répercussions néfastes sur le développement de la carapace. Heureusement, les phénomènes de pourriture et de nécrose de la carapace surviennent plus rarement. Il s’agit d’ulcérations superficielles qui, avec le temps, se creusent de plus en plus et ramollissent. Si l’infection n’est pas traitée à temps, elle se propage dans tous les tissus et déclenche une septicémie très dangereuse.

Tout commence par une blessure ou un traumatisme touchant la dossière ou le plastron et entraînant une infection bactérienne secondaire particulièrement virulente. Cette affection touche fréquemment les animaux capturés dans la nature et installés dans des conditions douteuses, avant d’être expédiés au client. Les chocs et les morsures sont le point de départ de l’infection, encouragée par l’absence d’hygiène et un état de faiblesse générale.

Les espèces d’élevage les plus touchées sont les Trionychidés et les Chélydés. Éloignez de leur aquarium tout objet susceptible de les blesser et veillez à l’hygiène.

Nécrose et ramollissement de la carapace

Traitement : le vétérinaire NAC devra désinfectez la plaie et grattez tout autour avec une spatule métallique pour la débarrasser de la pourriture. Chez les Trionychidés, il faut veiller à n’enlever que les morceaux pourris superficiels. Cautériser enfin avec du désinfectant, de la teinture d’iode et appliquer en profondeur une pommade ou une solution antibiotique. Laissez bien sécher. Renouvelez ces soins plusieurs fois par jour jusqu ’à cicatrisation complète de la blessure.

Médicaments : pommade antibiotique, solution antibiotique (ampicilline, pénicilline G), solutions iodées, eau oxygénée.

Maladies des yeux

Les yeux peuvent souffrir des conséquences d’avitaminoses (vit. A) et de maladies dues à un refroidissement. Ils peuvent également être le siège d’autres inflammations et exsudations, comme les conjonctivites. Celles-ci sont causées par la pénétration de grains de sable (incident fréquent chez les Tortues terrestres installées dans un terrarium au fond trop sableux) ou par une infection bactérienne (mauvaise hygiène de l’eau). Il arrive que les Tortues sortent de leur hibernation avec les paupières collées.

Traitement : lavages répétés à l'eau tiède, injections intramusculaires de doses élevées de vit. A (5 000-50 000 U, deux fois par semaine). Application d’une pommade antibiotique ou de collyres ophtalmique plusieurs fois par jour.

Septicémie

Bon nombre des maladies décrites plus haut peuvent dégénérer en septicémie si elles ne sont pas soignées par votre vétérinaire NAC. Il s’agit d’une infection bactérienne généralisée dans les tissus internes de l’animal (le plus souvent des bactéries Gram-négatives). Comme c’est la phase terminale d’accidents et d’états morbides, on peut difficilement la diagnostiquer et la soigner. La détermination de son agent infectieux ne peut résulter que d’un examen vétérinaire approfondi, d’un examen hématologique (formule leucocytaire) précis, et d’antibiogrammes. D’où la nécessité d’intervenir dès la manifestation d’un symptôme morbide, avant que les complications soient telles qu elles rendent tout traitement inutile. L’autopsie révèle la présence d’hémorragies dans tous les tissus et une coloration rougeâtre de la peau. Un vétérinaire spécialiste en tortues pourra hospitaliser votre animal et lui poser une sonde oesophagienne pour la nourrir, la réhydrater et lui administrer des antibiotiques plus facilement que par voie orale, cela augmente grandement le pronostique vital de votre tortues.

La stomatite

La stomatite nécrotique est l’une des causes les plus courantes de la perte d’appétit des Tortues terrestres, c’est une infection de la cavité buccale causée par des microorganismes variés (en particulier des Gram-négatifs tels les Pseudomonas). La langue et les parois de la cavité buccale se couvrent de taches blanchâtres qui gagnent en quelques jours toute la bouche et la gorge. Très rapidement, la muqueuse buccale gonfle et s’ulcère, empêchant toute alimentation et une respiration normale, et causant à l’animal de terribles souffrances.

Traitement : plus vite on intervient, meilleures sont les chances de guérison. Tamponnez la cavité buccale avec une solution antibiotique et administrez le même médicament par voie parentérale. Désinfectez plusieurs fois par jour l’intérieur de la bouche. De dangereuses mycoses se développent quelquefois en plus de l’infection bactérienne. Il faut également compléter ce traitement par l’apport de complexes polyvitaminés et de solutions hydratantes ou bien faire avaler à l’animal des gels protéinés.

Un vétérinaire NAC pourra dans les cas grave placer une sonde de gavage par l’oesophage pour alimenter, hydrater et administrer les médicaments le temps que la stomatite guérisse.

Abces et kyste

Traitement ; la région tuméfiée est généralement remplie d'exsudat purulent. Pour la soigner, il faut l'inciser et extraire le liquide à l'aide de pressions légères. Désinfecter localement et appliquer une pommade antibiotique. Si la plaie ne se referme pas, il convient de la suturer.

Lipomes

Traitement : n’inciser ou n’enlever qu’après en avoir apprécié l’extension et les adhérences tissulaires (au moyen d’une radiographie ou d’une biopsie).

Il faut faire précéder et suivre l’opération chirurgicale d’un traitement à base d’antibiotiques et de complexes polyvitaminés.

Tuméfactions

Abcès, enflures, kystes, tuméfactions sont des maux très fréquents chez les Tortues, et plus ou moins faciles à traiter en fonction de leur emplacement et de leur origine.

Les abcès latérocervicaux ou auriculaires causés par une otite résultant d’une affection respiratoire sont monnaie courante.

Les parasitoses

Les parasites s’attaquant aux Tortues sont de deux sortes : les parasites externes (ectoparasites) et les parasites internes (endoparasites).

Les tiques et les sangsues appartiennent au premier groupe. Différents types de vers, certains Protozoaires et les larves de quelques mouches au second. Les mycètes peuvent appartenir aux deux à la fois.

Voici quels sont les principaux effets de leurs infestations.

Les tiques

Les Tortues sauvages sont presque toujours infestées par ces parasites. Ils se logent dans les replis cutanés les plus fragiles afin de sucer le sang de leurs hôtes. Ils se fixent à la base du cou, près du

tympan, à la base des membres et de la queue. Les tiques se présentent comme de petits grains ronds et brillants, plus ou moins foncés (de la grosseur d’une tête d’épingle jusqu’à 5 ou 6 mm pour les plus grosses, généralement des femelles). Elles enfoncent profondément leur rostre dans la peau de la Tortue afin de lui sucer le sang, et il s’avère très difficile de lui faire lâcher prise. Inutile d’essayer de les arracher vivantes ; vous risqueriez de ne pas pouvoir extraire le rostre, cela risquerait de déclencher de graves inflammations locales. Mieux vaut les badigeonner d’huile minérale, d’une goutte d’alcool ou de térébenthine ; ce n’est qu’après leur mort que vous pourrez les extraire complètement (rostre y compris) en exerçant une pression à la base. Aidez-vous si besoin est d’une pince à épiler. Puis désinfectez la lésion (répétez cette opération durant quelques jours) et appliquez une pommade antibiotique. Une infestation importante de tiques peut affaiblir une Tortue en un délai très court. De plus, on soupçonne les tiques d’être des vecteurs de Protozoaires.

Les sangsues

Il arrive que l’étang provisoire où vous installez vos Tortues abrite quelques sangsues. Pour les faire partir, il faut assécher le bassin et laver ou changer tout l’équipement. Les sangsues se détachent de la peau des Tortues après avoir été tamponnées avec de l’alcool. Vecteurs potentiels de dangereux endoparasites du sang, il est indispensable de les éliminer en temps utile.

Les myases (larves de mouches)

Les mouches calliphores (Sarcophaga) choisissent pour nourrir leurs larves les tissus vivants de nombreux animaux. Elles déposent leurs larves directement sur les plaies ouvertes, ou dans les replis cutanés et les orifices naturels d’animaux affaiblis. L’infestation engendrée (myase) fait profondément souffrir l’animal qui en est victime. Elle est difficilement curable. Isolez les Tortues malades ou blessées dans des récipients clos par un petit grillage. Cherchez les larves, nettoyez la lésion, désinfectez avec une solution iodée et appliquez de la pommade antibiotique. Si la plaie est profonde, il est conseillé de consulter un vétérinaire spécialiste en tortues.

Les vers intestinaux

Il existe diverses sortes de vers endoparasites de la Tortue. Ils ne sont pas obligatoirement dangereux mais provoquent dans la plupart des cas un affaiblissement général de l’organisme (amaigrissement) et une perte d’appétit. Quelquefois même, leur prolifération entraîne la mort de l’animal infesté. Une coprologie permettra de s’apercevoir de leur présence. Le traitement dépendra du type d’helminthes identifiés. Les vers ronds (Némathelminthes) s’éliminent en faisant absorber à l’animal malade une préparation à base de Thiabendazole, les vers plats (Plathelminthes) en leur faisant avaler du Niclosamide. Les posologies sont étudiées en fonction du poids vif de l’animal.

Les protozoaires

Ces organismes sournois envahissent les appareils circulatoire et digestif. Leur présence se traduit par des selles liquides et continues (diarrhée), ou purulentes et striées de sang. Ils se propagent rapidement et s’attaquent vite à tous les animaux. Pour prévenir ces infestations, il convient d’observer une hygiène scrupuleuse de l’habitat et d’utiliser à faibles doses et à titre préventif les médicaments vermifuge conseillés par votre vétérinaire NAC.

Mycoses

Ces champignons parasites se développent sur des animaux déjà affaiblis. On en vient difficilement à bout : les dosages nécessaires sont toxiques chez les animaux de petite taille. Les symptômes sont identiques à ceux de certaines infections bactériennes, à ceci près qu'ils sont moins étendus.

La maladie est révélée par l’apparition de taches claires sur le corps et les écailles de la carapace (qui peuvent se détacher).

Les salmonelles

Un des problèmes de santé les plus épineux des Tortues d’élevage. L’absence de signes cliniques visibles rend cette maladie difficile à diagnostiquer. De plus, elle se transmet à l’homme.

Les contrôles sanitaires actuels ont supprimé tout danger. Il n’empêche qu’il ne faut pas confier à des enfants le soin de s’occuper de Tortues. Prenez également l’habitude de vous laver soigneusement les mains et de nettoyer minutieusement le matériel éventuellement contaminé par vos petits protégés.

Blessures, fractures et autres traumatismes

En dehors des accidents graves (chute d’un balcon, écrasement par une voiture, tondeuse a gazon autonome) qui surviennent par manque d’attention et par négligence, les Tortues sont souvent victimes de petites blessures et d’autres traumatismes bénins.

Au cours des repas ou de luttes territoriales, il arrive souvent que les mâles mordent furieusement leurs rivaux ou que les plus forts s’attaquent aux plus petits. Elles se blessent aux angles vifs de leur logement ou sont victimes d’abrasions sur le museau, les membres et le ventre.

Des soins donnés à temps auront raison facilement de ces problèmes. L’exposition au soleil ou à des lampes solaires accélère la guérison.

Autres accidents

Il est fréquent que les Tortues avalent du terreau et des petits cailloux au cours des repas. Neuf fois sur dix, le corps étranger traverse le tube digestif sans problème, mais quelquefois provoque une occlusion intestinale partielle…

Occlusions intestinales

Traitement : après la consultation vétérinaire spécialisée en tortue, un contrôle radiologique s’impose. Si l’objet est petit et obstrue la partie terminale des intestins, des lavements à base d’huiles minérales suffisent à l’extraire ; s’il est plus gros et placé plus haut, une intervention chirurgicale s’impose par un vétérinaire NAC mais la chirurgie est risquée. Parallèlement, un traitement adapté sera prescrit.

Rétention d’œufs

Traitement : consultation du vétérinaire spécialiste en reptile et contrôle radiologique. En cas de difficultés de transit, procéder à des lavements à base d’huiles minérales et injecter des doses de calcium et d’oxcytocine. Si les œufs sont anormalement gros, une intervention chirurgicale s’impose (au niveau du plastron) suivie l'une thérapie annexe (gavage et apport de complexes vitaminés).

On s’en aperçoit quand une femelle gravide, au lieu d’installer son nid, est saisie d’une extrême agitation : elle n’arrête pas de faire les cent pas dans la partie émergée, de sortir de l’aquarium ou d’y rentrer sans avoir creusé le nid, et refuse de s’alimenter.

Un contrôle radiologique établira l’existence ou non de difficultés du transit des œufs dans l’oviducte ou le cloaque et de vérifier si les œufs sont trop gros ou présentent une anomalie quelconque.

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