Les lézards - Le Gecko


Les lézards - Le Gecko
 

Histoire

Les geckos ne doivent pas être considérés comme des animaux de compagnie au même titre que les chiens, les chats ou les lapins nains. Ce sont en effet des sauriens sauvages qui peuvent être élevés et admirés dans de très beaux terrariums biotopes mais qui, dans certains cas, doivent être manipulés le moins possible. Il leur arrive en effet de déclencher leurs mécanismes de défense pour se débarrasser de leur queue ou de la peau de leur dos.

Ces animaux sont actifs surtout la nuit et, en raison de leur aspect particulier, ont été pendant des siècles assimilés à des créatures malignes, qui portaient malheur et étaient vecteurs de maladies.

Les geckos répertoriés jusqu’à présent appartiennent à cinq sous-familles et à plus de 1 050 espèces réparties dans une large zone géographique comprise entre les côtes de la mer Caspienne et certaines îles disséminées au sud de la Nouvelle-Zélande. Toutefois la plupart des geckos se trouvent entre le tropique du Cancer et celui du Capricorne. Ces animaux ont largement colonisé les milieux forestiers, arides et désertiques, surtout dans les îles mais aussi dans tous les endroits habités par l’homme. En effet, les lézards que l’on rencontre le plus fréquemment, en début et en fin de journée, dans les régions les plus chaudes et tempérées du monde, sur les murs des maisons, sur les monuments ou dans les ruines, sont souvent des geckos.

Il y a au moins neuf espèces de geckos répandues en Europe du Sud.

Le gecko léopard (Eublepharis macularius) est le gecko qui est actuellement le plus fréquemment élevé dans le monde.

Alimentation

Une alimentation correcte et équilibrée est fondamentale pour maintenir un gecko en bonne santé pendant des années et même pouvoir envisager sa reproduction.

La plupart des geckos sont insectivores et en captivité, ils doivent surtout être nourris avec des insectes vivants, de tailles différentes, élevés précisément dans ce but. On les trouve toute l’année dans les magasins spécialisés ou bien en grande quantité dans les élevages industriels, chez des revendeurs agréés, par Internet ou enfin dans des élevages amateurs. Si cela est possible, il faut également nourrir les geckos avec des insectes et d’autres petits invertébrés « sauvages », prélevés directement dans leur milieu naturel, surtout pendant la belle saison. Il faut toutefois s’assurer qu’ils ne sont pas contaminés par des substances toxiques telles que des insecticides, des pesticides, des hydrocarbures, etc. Dans tous les cas, on ne devrait jamais utiliser un seul type d’insectes mais des exemplaires appartenant au moins à quatre ou cinq espèces différentes. L’alimentation des geckos de taille moyenne et grande peut être complétée par des rats (Mus musculus) nouveau-nés. Certaines espèces, comme Phelsuma et Rhacodactylus ssp., ont obligatoirement besoin de pulpe ou de jus de fruits frais de saison, homogénéisés et/ou du pollen et du miel, ou encore des préparations industrielles spécialement conçues pour les geckos diurnes ou les loris.

Les Symptômes des pathologies

Il est fondamental de toujours bien observer son gecko pour comprendre s’il se passe quelque chose d’anormal du point de vue de sa santé. Pour cela, on doit contrôler :

-           s’il présente des yeux aplatis, non globuleux comme devraient l’être ceux des animaux en bonne santé (signe de déshydratation), ou s’il ne parvient pas à ouvrir ses paupières (uniquement pour les Eublépharidés) ;

-           la présence de dépôts de matériaux caséeux (jaunâtres ou brunâtres) et/ou muqueux (blanchâtres ou rosés) aux coins de la bouche ou à l’intérieur des narines :

-           s’il a peu d’appétit (anorexie) et s’il ne produit pas de selles (rappelons que la femelle ne mange pas pendant plusieurs jours avant de pondre) ;

-           s’il a des difficultés dans la prédation ;

-           s’il montre des signes d’amaigrissement et une diminution du volume de la queue ;

-           s’il montre des signes visibles de déformations de la tête et/ou de la colonne vertébrale ;

-           si les selles sont molles et malodorantes ;

-           si les urines (urates) sont colorées (jaunâtres ou verdâtres), alors qu’elles devraient être blanchâtres ;

-           si on constate une accumulation de matériau jaunâtre ou brunâtre caséeux autour du cloaque ;

-           si les poches des hémipénis sont excessivement gonflées ;

-           si un organe rosé ou rougeâtre sort de l’ouverture cloacale ;

-           s’il y a présence de blessures ou de tuméfactions cutanées ;

-           si les pattes et les doigts sont gonflés (œdémateux) ;

-           si les doigts sont plus petits qu’à la normale et décolorés ou grisâtres ;

-           si la préhension digitale est diminuée OU incertaine, provoquant ainsi des chutes fréquentes de l’animal ;


Les principales pathologies

Empoisonnements et intoxications

Les geckos sont des reptiles petits et particulièrement sensibles aux substances toxiques volatiles tels que les insecticides (spray, liquides pour diffuseurs électriques, fumigènes antimoustique, etc.), les peintures contenant des solvants à base de toluol et de xylène, la nicotine (fumée de cigarette), les spray pour lustrer les feuilles des plantes, les laques pour cheveux, les produits utilisés pour repasser. Si les animaux venaient malencontreusement à être en contact avec ces substances, il faudrait alors les éloigner immédiatement de la source d’intoxication et, en cas de salissures, les nettoyer avec de l’eau tiède, du savon de Marseille et une brosse en poil de soie douce ; on recommande vivement dans ce cas de contacter au plus vite le vétérinaire spécialiste en geckos. On doit veiller également à ce que les insectes donnés en repas aux geckos ne soient pas imprégnés de substances toxiques, telles que des insecticides, désherbants et substances relâchées par les industries, les voitures ou les systèmes de chauffage. Rappelons enfin que le latex émis par certaines plantes, comme les Ficus, est très acide et peut irriter la peau et les yeux des geckos. Si tel est le cas, on conseille de rincer les zones concernées (y compris les yeux) avec de l’eau tiède et de la camomille,

Constipations gastro-intestinales

Si le gecko est soumis a une alimentation trop abondante et/ou excessivement riche en éléments solides (sauterelles et grillons adultes, coléoptères chitineux, blattes, etc.), il risque une constipation intestinale. De même, si les températures idéales à leur élevage ne sont pas respectées (valeurs trop basses), cela peut empêcher le gecko de digérer normalement ses proies et représenter un facteur propice à l’apparition de cette pathologie.

Chez les sujets en terrarium contenant du sable, des coquillages finement écrasés, du gravier et des cailloux de faible granulométrie, des billes d’argile expansée, de la vermiculite, des petits morceaux d’écorce de bois et autres matériaux fins, l’animal peut développer des cas graves de constipation parfois accompagnés de prolapsus rectal et cloacal susceptibles de provoquer la mort du gecko. Les constipations létales les plus connues, en particulier celles qui sévissent sur les geckos léopards, sont dues à des substrats à base de carbonates de calcium vendus spécialement pour l’élevage de reptiles et considérés à tort comme étant digestibles. Pour prévenir les cas de constipation dus au sable et à d’autres substrats, on conseille d’élever les jeunes geckos sur du papier journal ou de l’essuie-tout et de mettre les insectes dans une coupelle facilement accessible ; en ce qui concerne les adultes, s’ils sont dans des terrariums biotopes, mieux vaut les élever sur des cailloux et des pierres aux bords lisses, d’une certaine taille, que l’on lavera régulièrement, remuera, stérilisera et renouvellera partiellement ou totalement de temps en temps. Le gecko constipé est souffrant et agité ; il n’a pas d’appétit et parfois son abdomen est gonflé ; il tente fréquemment de vomir. Dans ces cas, mieux vaut se rendre chez le vétérinaire spécialiste NAC pour qu’il procède à une palpation abdominale et un examen radiographique ; il lui administrera quelques gouttes d'huile de paraffine ou de pépins de raisin par voie orale ou le baignera pendant quelques minutes dans une eau tiède. L’intervention chirurgicale s’avère parfois nécessaire mais risquée.

Dysecdysis (problème de mue)

La dysecdysis est liée à un taux d’humidité dans le terrarium inadapté à l’espèce élevée. L’animal ne parvient pas à remplacer l’ancien épiderme qui, en restant, peut former des anneaux à certains endroits du corps, comme les doigts et la queue ; en comprimant les vaisseaux sanguins, ils peuvent provoquer la mort du tissu et la chute de la partie concernée, qui sera donc plus petite, ridée et grisâtre. Si on parvient à identifier les anneaux du vieil épiderme, on doit, avant de tenter de les enlever délicatement, les imbiber d’eau pendant quelques minutes, avec par exemple un Coton-tige pour les réhydrater et les rendre plus tendres. En cas de doute, contactez votre vétérinaire spécialiste en geckos.

Dystocie

Les femelles geckos pondent peu d’œufs à la fois - contrairement aux femelles Iguanidés, Agamidés et Caméléonidés qui peuvent pondre jusqu’à une centaine d’œufs en une seule fois - et moins régulièrement que les autres sauriens ; parfois elles ont même de sérieuses difficultés à pondre (dystocie). Le vétérinaire NAC confirmera la dystocie grâce à une radiographie et décidera d’intervenir soit chirurgicalement soit thérapeutiquement en utilisant des compléments à base de calcium. Si une femelle venait à mourir avant la ponte ou le terme de celle-ci, on conseille de récupérer au plus vite les œufs et de les incuber normalement, même s’il n’y a aucune certitude quant à la naissance des petits.

Infections oculaires

Elles sont dues à des abrasions provoquées par des éléments de décoration tranchants ou des parties dures et chitineuses des invertébrés servis en repas (comme les membres postérieurs des grillons et des sauterelles) ; elles peuvent aussi résulter des opérations de nettoyage effectuées par l’animal après avoir chassé des papillons ayant beaucoup de poudre sur leurs ailes (par exemple les formes adultes de Galleria mellonella, la teigne de ruche). Ces pathologies sont relativement fréquentes car les Geckonidés s’emparent souvent des insectes de manière imprécise : les proies ont ainsi la possibilité de se débattre et de provoquer des lésions traumatiques sur les yeux de leur bourreau, qui sont très volumineux. On recommande alors d’utiliser des pommades ophtalmiques et du collyre, sous contrôle vétérinaire NAC, bien entendu.

Infections respiratoires

Elles sont liées aux conditions environnementales des geckos, qui ne sont pas adaptées à l’espèce élevée (milieu trop froid ou trop chaud, aération insuffisante, taux d’humidité défavorable) mais peuvent également résulter d’un déménagement (et se manifester par exemple après un long voyage). Si le gecko respire difficilement, la bouche ouverte, si ses narines sont pleines de croûtes ou émettent un liquide muqueux ou séreux, s’il bave et cesse de manger (ou s’il se montre sans appétit), il faut le montrer à un vétérinaire spécialiste en geckos, qui le soumettra à un traitement antibiotique, voire un traitement à base d’inhalations.

Lésions traumatiques

Les blessures par morsure peuvent être infligées par d’autres geckos élevés dans le même terrarium, même s’ils sont de sexe différent : parmi les espèces les plus agressives et mordantes, rappelons le Gekko gecko asiatique (tokay) mais aussi de nombreuses espèces africaines de Phelsuma. Les insectes servis en repas (comme les criquets et les grillons adultes), très grands par rapport au prédateur (prenons l’exemple d’un jeune gecko de petite taille), peuvent également agresser le saurien et le blesser. Attention enfin à manipuler très délicatement l’animal, au moment de nettoyer sa boîte par exemple.

Quoi qu’il en soit, en cas de blessures ou d’abrasions, il est conseillé de désinfecter les zones touchées avec une solution à base de chlorhexidine (à 0,5 %) et de transférer l’animal dans un terrarium de type semi-stérile (sans substrat de granules), avant d’entamer un traitement antibactérien adapté et sous contrôle d’un vétérinaire NAC ou de procéder à une suture. Dans la mesure où les geckos sont des reptiles plutôt légers, il arrive qu’ils subissent de sérieuses lésions (fractures, traumatisme cérébral, paralysie, rupture de la queue), sources d’hémorragie : elles peuvent être dues à l’écroulement d’une structure dans la boîte ou à des tentatives d’évasion. Après des incidents de ce type, mieux vaut consulter sur-le-champ un vétérinaire spécialiste Gecko.

Maladie osseuse métabolique (MOM)

On peut définir la MOM comme une carence des éléments minéraux constitutifs de l’os : calcium, phosphore et vitamine D3.

Elle conduit à une altération de la calcification osseuse et les effets sont les suivants : ramollissement et raréfaction des articulations, difficultés à déambuler et à rester en équilibre, apparition de déformations osseuses. Plus fréquente chez les sujets juvéniles, on peut la rencontrer chez des spécimens adultes ; bien qu’il s’agisse d’une pathologie très répandue chez les sauriens d’élevage appartenant à la famille des Iguanidés, Agamidés et Caméléonidés, elle est en revanche beaucoup moins fréquente chez les Geckonidés. Hormis quelques exceptions (espèces qui se nourrissent également de sève, de pollen et de fruits), les geckos sont des sauriens insectivores ; l’administration de proies mal alimentées et contenant par conséquent peu de calcium et beaucoup de phosphore (le bon rapport entre les deux minéraux pour les invertébrés servis en repas est de 2/1) peut favoriser l’apparition de la MOM. Cette maladie se manifeste généralement par un ou plusieurs de ces signes cliniques : hésitation ou difficulté à se déplacer, anorexie (manque d’appétit) ou encore dystrophie fibreuse reconnaissable à des déformations du squelette (dues en général à des fractures spontanées) au niveau des membres, de la tête, du dos (cyphose et scoliose) et de la queue. Pour émettre un pronostic et prescrire le meilleur traitement, le vétérinaire pourra s’appuyer sur différents examens (radiographies, analyses sanguines, etc.). Dans tous les cas, l’essentiel pour l’éleveur est de surveiller l’animal malade, en corrigeant son alimentation, en nourrissant le mieux possible les insectes, en insérant dans le terrarium une ou plusieurs lampes émettant des rayons UVA et UVB pour les geckos diurnes (à remplacer au maximum tous les six mois et à placer à 20-25 cm de distance du dos des animaux) et en laissant les espèces diurnes et mixtes prendre des bains de soleil naturels, lorsque la saison le permet, sans interposer une plaque en verre ou en plexiglas.

Maladies parasitaires

Avant même d’effectuer un quelconque traitement antiparasitaire, et après diagnostic, il convient de contrôler l’état nutritionnel et d’hydratation du sujet, de vérifier ses conditions d’élevage et, si nécessaire, d’améliorer ses conditions de vie. Voyons à présent quels sont les parasites les plus courants chez les geckos.

Les coccidies sont des protozoaires que le vétérinaire spécialiste NAC peut déceler directement dans les fèces à travers un examen au microscope ou à travers un lavage cloacal. Les geckos malades peuvent se montrer léthargiques, anorexiques, faibles, maigres ; leurs fèces sont molles, muqueuses et malodorantes.

Les cryptosporidium sont également des protozoaires, mais pas aussi facilement identifiables que les précédents, au point que, parfois, on ne peut certifier son diagnostic qu’ après la mort du sujet. Les geckos souffrant de ces parasites sont maigres, peu vigoureux, à l’appétit capricieux, et l’abdomen souvent dilaté. En retournant délicatement le gecko et en le regardant en transparence, on peut voir une grande tache brunâtre, au centre de l’abdomen, qui n’est autre que le foie ayant augmenté de volume. Le traitement prévoit l’administration de composés antibactériens, comme le sulfamide et le trimethoprim sous contrôle d’un vétérinaire NAC. L’infestation de cryptosporidium n’est pas une pathologie à sous-estimer, car elle est une zoonose potentielle pouvant décimer une collection de geckos en quelques semaines. Les flagellés sont d’autres protozoaires couramment décelés par le vétérinaire dans les analyses cloacales avant coloration ; ils frappent les geckos maigres, déshydratés et souffrant de diarrhée. L’animal malade devra être traité, sous contrôle médical, avec un médicament à base de metronidazole, après avoir été suffisamment réhydraté.

Les nématodes gastro-intestinaux sont des vers très courants chez les geckos en captivité. Dans la nature, les parasitoses qu’ils provoquent sont généralement bien supportés, mais ils peuvent créer des problèmes (amaigrissement et diarrhée) chez les sujets soumis fréquemment à des voyages et à un stress répété. La diminution des défenses immunitaires qui en résulte peut conduire le sujet malade à une mort certaine en quelques semaines, c’est pourquoi on conseille toujours d’effectuer un examen microscopique sur les fèces des spécimens achetés ou échangés. Le traitement de prédilection pour ce type de parasitose est à base de fenbendazole, qui doit être convenablement prescrit et dosé.

Les ectoparasites comme les acariens et les tiques ne sont pas très courants chez les geckos. Quoi qu’il en soit, on conseille vivement de consulter un vétérinaire spécialiste geckos en cas de besoin, car la plupart des antiparasitaires utilisés en toute sécurité sur les chiens et les chats peuvent au contraire provoquer la mort du gecko, et ce en très peu de temps.

Prolapsus du cloaque et/ou des hémipénis et prolapsus intestinal

Suite à une constipation, on peut constater un prolapsus (glissement pathologique d’un organe vers le bas) du cloaque et d’une portion d’intestin : cela se manifeste par la présence d’une masse rougeâtre en forme de globe, parfois double, qui déborde du cloaque. Après un accouplement, on peut également constater un prolapsus d’un hémipénis (plus petit par rapport au cloaque), qui reste à l’extérieur de sa poche, située en deçà de la base de la queue, et qui ressort par l’ouverture cloacale. Dans ces deux cas, on conseille de baigner la partie descendue, de la protéger avec une gaze humide et de se rendre chez le vétérinaire NAC, qui constatera la pathologie et interviendra aussitôt en utilisant des compresses d’eau froide sucrée, après avoir désinfecté la partie avec du chlorhexidine dilué à 0,2 %, pour replacer l’organe descendu. En cas de constipation gastro-intestinale, il est indispensable d’effectuer des radiographies pour décider d’une éventuelle intervention chirurgicale.

Toujours à propos des hémipénis :

Une autre pathologie concernant les hémipénis est provoquée, pendant la période des amours, par l’accumulation de substance blanchâtre épaisse (semblable à de la cire) dans les poches, qui augmentent de volume et contraignent le gecko à se déplacer difficilement et, souvent, à refuser de manger. Pour remédier à ce problème, le vétérinaire spécialiste geckos doit retirer cette substance et chercher les erreurs commises dans la gestion de l’élevage (humidité insuffisante, substrat inadapté, etc.)

Stomatite

Cette pathologie est assez rare chez les geckos, néanmoins nous l’avons parfois observée chez des Phelsuma d’importation, notamment P. madagascariensis et P. standingi. Elle consiste en une infection bactérienne des gencives, avec formation de pus. Non soignée, elle est mortelle. D’une part, en raison de la douleur, le lézard ne peut manger et dépérit. D’autre part, en l’absence de traitement, l’infection finit par se propager, au niveau des os de la mâchoire d’abord, puis dans tout l’organisme et c’est alors la mort par septicémie.

L’apparition de cette maladie est liée à la présence de certaines bactéries Gram - associée à des causes dites favorisantes (ingestion de substrat, bagarres entre congénères, stress, carence en vitamine C, etc...).

Les symptômes sont une déformation de la gueule, une incapacité à la fermer et à s’alimenter et l’apparition de masses blanchâtres dans la gueule.

Le traitement est à la fois local - nettoyage bi-quotidien (en employant un pinceau) des lésions à la Chlorhexidine® ou à l’eau additionnée de vinaigre et général, par injections d’antibiotique.

Brûlures

Assez fréquentes, elles concernent les régions dorsales et latérales, et parfois ventrales, de l’animal. Elles sont dues à un contact rapproché avec une source électrique émettant de la chaleur (lampes en vitrocéramique ou à infrarouge, etc.). Le gecko a tendance pendant la journée à régler sa propre température en passant du temps à proximité d’une source de chaleur ; si cette source n’est pas assez protégée, il peut se brûler très gravement (des brûlures profondes ou très étendues peuvent provoquer sa mort). En cas de brûlure, on conseille de laver aussitôt la partie concernée avec de l’eau tiède et de la désinfecter avec une solution liquide à base de chlorhexidine (à 0,5 %), puis de se rendre chez son vétérinaire spécialiste en geckos.

Un ou plusieurs spécimens ?

La réponse à cette question doit être nuancée selon l’espèce. Néanmoins, on peut énoncer quelques principes généraux.

Le premier est de ne jamais faire cohabiter deux mâles, surtout adultes, à moins de vouloir absolument assister à une bagarre violente, avec des blessures graves, voire la mort d’un des protagonistes à la clé !.

Le second est d’élever les juvéniles individuellement, dans la mesure du possible. On leur assure ainsi un développement optimal en leur épargnant les problèmes de compétition alimentaire, ainsi que des bagarres, fréquentes dans le cas des espèces les plus territoriales comme Phelsuma madagascariensis.

En ce qui concerne les adultes, la meilleure solution est la cohabitation en couple, avec quelques nuances : certaines espèces de Phelsuma et d’Uroplatus s’accommodent bien d’une vie en trio (un mâle pour deux femelles). Dans le cas d’espèces plus agressives et territoriales comme P. madagascariensis, cette solution n’est pas envisageable, car elle aboutit à des bagarres sévères entre les femelles. Enfin, toujours à propos des espèces les plus territoriales, il peut arriver que les deux partenaires ne se supportent pas (c’est alors généralement le mâle qui attaque la femelle, l’inverse étant exceptionnel). Il convient alors de la retirer et de refaire l’essai avec une autre, jusqu’à ce que le mâle accepte une candidate. Il faut ensuite éviter de séparer les deux partenaires, car les retrouvailles sont parfois houleuses...!

Vous serez parfois surpris, compte tenu des indications précédentes, de constater que, dans les animaleries, les Pheluma sont souvent logés en groupes comportant plusieurs mâles, sans que cette situation n’aboutisse à un bain de sang. L’explication du phénomène est simple ; lorsque de nombreux animaux sont logés dans un espace limité, aucun d’entre eux (du moins dans un premier temps...) n’a la possibilité de se constituer de territoire. Ainsi, les agressions ne se produisent pas, puisqu’elles ont précisément pour but la défendre du territoire. Cela étant, ce pacte de non agression ne dure pas éternellement. A mesure que le temps passe, les conflits commencent à éclater.

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